Accidents de parapente en Savoie : analyse des risques et sécurité au décollage
D'après Info Radar, un parapentiste de 23 ans a été hélitreuillé samedi midi au Revard, en Savoie, après un décollage qui a mal tourné, terminant sa course contre une falaise où il est resté bloqué…

D'après Info Radar, un parapentiste de 23 ans a été hélitreuillé samedi midi au Revard, en Savoie, après un décollage qui a mal tourné, terminant sa course contre une falaise où il est resté bloqué avant d'être évacué vers le CHU de Chambéry pour un traumatisme dorsal. Le même week-end, comme le rapporte mAnnecy, un pilote de 60 ans a perdu la vie dans le lac d'Annecy à hauteur de Doussard, dans des circonstances que les enquêteurs cherchent encore à éclaircir, un malaise n'étant pas exclu. Ces deux événements très différents me ramènent à une question que vous me posez presque chaque semaine: « Et si c'était moi, ce matin-là, sur ce décollage? »
Deux terrains, deux histoires
Au Revard, le pilote a été pris en charge par le groupe montagne des sapeurs-pompiers, appuyés par les CRS Alpes et l'hélicoptère Dragon 38. L'évacuation à la civière s'est déroulée sans complication, selon le communiqué repris par Info Radar, et le jeune homme n'a été décrit que comme légèrement blessé, sans pronostic communiqué. À Doussard, en Haute-Savoie, malgré l'intervention rapide des secours, le parapentiste sexagénaire n'a pas survécu à sa chute dans le lac. Dans un cas comme dans l'autre, la presse locale insiste sur la même idée: un décollage raté d'un côté, des circonstances encore à établir de l'autre — et beaucoup de zones d'ombre entre les deux.
Trois paliers à valider avant de déplier l'aile
Je le répète à chaque stage: la peur n'est pas l'ennemie, c'est un indicateur. Le vrai danger, souvent, se cache dans les routines qu'on finit par exécuter sans y penser. Voici trois paliers que vous pouvez traverser à voix haute, comme si vous les cochiez pour quelqu'un d'autre.
D'abord, la météo du site, pas celle de votre téléphone. Le vent au déco, son orientation, et surtout son évolution prévue sur les deux heures qui suivent. Au Revard comme au-dessus du lac d'Annecy, un vol peut basculer d'une promenade à une trajectoire engagée en quelques minutes.
Ensuite, le matériel. Suspentes, élévateurs, voile, sellette, mousquetons: cinq minutes de contrôle sérieux changent tout. Ce regard un peu plus lent, presque ritualisé, remet de la conscience là où l'habitude endort.
Enfin, votre niveau du jour. Pas celui de votre brevet, mais celui que vous ressentez dans votre souffle et dans vos appuis. Si quelque chose flotte — un doute, une fatigue, une émotion mal placée —, offrez-vous un vol court, ou simplement un aller-retour au sol, avant de vous engager.
Ce que je retiens, et ce que je vous invite à garder
Les secours alpins — pompiers de montagne, CRS, Dragon 38 — font un travail remarquable, et je tiens à le dire. Mais aucun hélitreuillage ne remplacera jamais un décollage bien préparé, ni cette vigilance tranquille qu'on installe en soi comme on ancre ses pieds dans l'herbe haute avant une rafale. Gardez le 18 et le 112 en favoris, par prudence élémentaire, et n'hésitez jamais à renoncer si le tableau ne vous ressemble pas. La montagne reste une partenaire magnifique, à condition qu'on l'écoute vraiment avant de s'y lancer.