Baptême de parapente : sensations fortes, voltige et pilotage au-dessus des Alpes
Le récit publié par Nice-Matin d'un baptême de parapente au-dessus du mont Lachens démarre par cette drôle de tension au sol, quand les pilotes échangent leurs anecdotes et que les jambes menacent de devenir coton.

Vous reconnaissez cette petite voix qui souffle et si je n'y arrivais pas? Elle n'a rien d'une faiblesse, et le témoignage donne une matière rare pour qui hésite encore à réserver son propre vol: on y parle d'une « balançoire à 700 mètres », d'un « 360 ° » et d'une vraie prise des commandes.
Avant le décollage: ce qui se joue vraiment au sol
Avant d'évoquer le grand air, un point que beaucoup de futurs passagers sous-estiment: le sol compte autant que l'air. D'après le récit de Nice-Matin, la matinée commence par des discussions entre pilotes où circulent déjà des histoires de câbles électriques frôlés et de chutes en plantant une manche à air. Puis vient l'équipement: un gros sac sur le dos, des sangles nouées autour du ventre et des cuisses, et un briefing très concret du pilote. Consigne donnée à la passagère: quand la voile se gonfle, résister avec les jambes pour ne pas partir en arrière.
C'est ici que tout se joue. La règle d'or rappelée par les moniteurs est simple: on décolle toujours face au vent. Sur le mont Lachens, c'est un vent du sud qui est finalement retenu après une discussion à voix haute entre Serge, le pilote du jour, et Philou. Cela paraît anecdotique, et pourtant ce choix conditionne la sécurité de toute la séquence. Mon conseil, si vous réservez bientôt: ne craignez pas un moniteur qui prend son temps avant de choisir l'orientation. C'est même plutôt bon signe.
Dans les airs: ce que vous ressentirez vraiment
Ce qui frappe dans ce témoignage, c'est le moment exact où la peur change de camp. La passagère décrit ses jambes qui cèdent légèrement au décollage, rattrapées par le pilote, puis une bascule silencieuse vers un paysage tricolore: bleu du ciel, vert des collines à perte de vue, marron des villages minuscules qui défilent en contrebas. La « balançoire à 700 mètres » annoncée dans le titre, c'est précisément cette sensation d'être assis sur un siège invisible, bercé par les mouvements de l'aile, parfois traduite mentalement par un « I believe I can fly » qui surgit tout seul.
Quelques termes entendus en vol méritent qu'on s'y arrête:
- On ne « saute » pas en parapente, on décolle. Le mot est banni du vocabulaire des pilotes.
- Une « bulle thermique » est une poche d'air chaud qui propulse la voile vers le haut grâce à l'écart de température. La traverser, c'est sentir l'altitude grimper d'un coup.
- « Vent de cul, t'es foutu »: expression imagée rapportée par le pilote pour désigner un vent arrière qui rend l'atterrissage dangereux.
D'après l'explication du pilote reprise par Nice-Matin, voler en pleine canicule est aussi déconseillé: les thermiques trop fortes transforment le vol en montagnes russes, l'air se comportant alors comme une grosse bulle dans une marmite en ébullition. À garder en tête au moment de choisir votre date.
De la prise des commandes à la prochaine étape
L'autre point pratique concerne la prise des commandes. Même lors d'un baptême, certains moniteurs proposent au passager de poser les mains sur la barre et d'effectuer un virage ou un 360 ° contrôlé. C'est un excellent test pour vous: si vous aimez ce premier contact, un stage découverte sera la suite logique. Si vos mains tremblent et que vous préférez lâcher, ce n'est pas un échec, c'est une information sur votre rapport au vide, et il n'y a rien à en rougir.
Pendant que le Var vole au-dessus du Lachens, l'association Le Ménil vol libre prépare, dans les Vosges, deux journées parapente le samedi 29 et dimanche 30 août à partir de 9 h sur les hauts du Ménil. Si vous êtes plutôt nord-est, c'est une porte d'entrée concrète, à condition de surveiller la météo locale et de réserver directement auprès de l'association.
Trois appuis à garder en tête avant de cliquer sur réserver:
1. Demandez la météo et le vent la veille, et reposez la question au moniteur le matin même.
2. Préparez vos jambes quelques jours avant: des appuis simples, squats ou fentes, suffisent pour mieux résister à la traction au décollage.
3. Travaillez votre respiration: une inspiration longue, une expiration encore plus longue pendant l'installation. Cela aide à garder un ancrage stable quand la voile se gonfle.
Et si, malgré tout, une petite peur reste là, souvenez-vous que les pilotes eux-mêmes patientent parfois plus d'un mois avant de retrouver l'air à cause de la météo. La patience fait partie du vol. Elle n'est pas l'ennemie de l'envie: elle en est la compagne.