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Disparition de Rémi Bourdelle : le monde du parapente en deuil après un accident tragique

Selon Outside.fr, le pilote chamoniard Rémi Bourdelle s'est tué mardi 25 août à 34 ans lors de la Dolomiti Superfly, une épreuve de marche et vol disputée dans le Trentin.

Disparition de Rémi Bourdelle : le monde du parapente en deuil après un accident tragique

Sa voile a heurté un câble de monte-charge à foin peu après son décollage du col du Rombo, côté italien, vers 19h10, à environ 2 000 mètres d'altitude, près de la Timmelsbrücke. La chute d'une soixantaine de mètres lui a été fatale, malgré l'intervention rapide des secours alpins, d'un hélicoptère et de la Guardia di Finanza. Pour la communauté du parapente et du hike & fly, c'est la disparition d'un profil rare, à la fois compétiteur, encadrant et passionné de haute montagne.

Ce que les premiers éléments racontent du vol

Quand on lit le déroulé, tout bascule dans les minutes qui suivent le décollage. Bourdelle venait de quitter le versant italien du col du Rombo et entamait la transition vers les Dolomites, sur un trajet retour déjà bien engagé. C'est à ce moment précis que l'aile accroche un câble aérien de monte-charge à foin — un de ces équipements rustiques qu'on oublie trop vite quand on trace une trajectoire entre deux vallées.

Les organisateurs ont confirmé une chute d'une soixantaine de mètres. Un chasseur posté sur le versant opposé a donné l'alerte, ce qui a permis aux secours d'arriver vite sur zone, mais trop tard. La course a été annulée dans la nuit. Selon les premiers éléments diffusés par les organisateurs, l'accident relèverait davantage de la malchance que d'une erreur manifeste de pilotage. Une enquête italienne est ouverte pour établir les circonstances exactes.

Pour nous, pilotes, la leçon ne consiste pas à commenter le geste, mais à se souvenir qu'un câble tendu entre deux points ne se voit pas toujours, surtout en fin de journée quand la lumière rasante efface tout ce qui est fin. Avant de s'élancer, on vérifie le relief, les lignes, les infrastructures agricoles ou touristiques. On ne fait pas confiance à un ciel vide.

Un parcours forgé entre La Réunion et Chamonix

Bourdelle n'a pas grandi dans les Alpes. Né à Chamonix, il a passé une grande partie de sa jeunesse à La Réunion, où il a découvert le parapente à 12 ans lors d'une initiation proposée par son professeur d'EPS et moniteur, Laurent Vitalis. Il racontera plus tard, à propos de ce premier vol: « J'ai essayé et je n'ai jamais arrêté. » L'île, avec son climat tropical et son aérologie favorable, lui a permis de multiplier les heures et de basculer très vite vers la compétition.

À 19 ans, après une première année de STAPS à La Réunion, il part pour Toulouse avant de revenir s'installer dans la vallée qui l'a vu naître. À Chamonix, il enchaîne les pratiques — ski, alpinisme, grimpe, course à pied, kite-surf, speed-riding — et finit par enseigner l'EPS à la cité scolaire Frison-Roche. Quelques mois avant l'accident, il avait encore repoussé le record de distance en parapente avec un triangle de 309 km au départ de sa vallée. Sept jours de course dans les Dolomites, avec un seul équipement et l'obligation de rejoindre un refuge chaque soir avant 20 heures: c'était exactement son terrain de jeu.

Ce qu'on garde en tête avant le prochain décollage

Le drame du col du Rombo n'est pas un fait divers à ranger dans un coin. Il rappelle trois réflexes qu'on finit par banaliser au fil des saisons.

D'abord, on cartographie les infrastructures humaines avant de partir: remontées, câbles, téléphériques, lignes agricoles, tyroliennes, passerelles. Ces obstacles ne figurent sur aucune carte aéronautique classique, mais ils existent bel et bien entre les zones de décollage et d'atterrissage.

Ensuite, intègre l'heure de vol dans ta décision. À 19h10 en montagne, la convection faiblit, les ombres s'allongent, le contraste visuel disparaît. C'est rarement le bon moment pour jouer avec l'inconnu.

Enfin, reste humble sur ce que tu maîtrises. Les premiers éléments parlent de malchance. Très bien. Mais la malchance se gère aussi en acceptant de renoncer à un départ quand l'environnement ne coopère pas. C'est la différence entre un tout bon et un pilote qui finit ses vols.