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Tourisme équestre : au pas des chevaux

Selon Les Affiches de Grenoble et du Dauphiné, le département a fait du tourisme équestre un pilier discret mais solidement charpenté de son offre outdoor.

Tourisme équestre : au pas des chevaux

Vous qui rêvez d'altitude sans jamais oser quitter le plancher des vaches — au sens propre, cette fois? L'Isère vous ouvre une autre porte sur la montagne: plus lente, plus terrestre, mais tout aussi dépaysante.

Plus de 2 000 kilomètres d'itinéraires balisés s'y déploient, des plaines aux forêts de moyenne montagne, maillés par vingt centres équestres labellisés et coordonnés depuis trente-cinq ans par l'association Isère Cheval vert. Deux itinéraires phares en dessinent la carte: la route Napoléon, qui relie Grasse à Vizille, et les tout récents chemins de Mandrin, qui courent entre Chartreuse et Chambaran.

Une formule pour chaque cavalier

Premier soulagement: on n'arrive pas forcément avec son propre cheval. Les centres labellisés proposent des montures à louer, et les accompagnateurs — guides équestres ou accompagnateurs de tourisme équestre — connaissent le terrain comme leur poche. Côté pratique, l'équitation montée reste la voie royale, mais l'attelage en calèche et le cheval bâté, qui porte vos sacoches, offrent des variantes pour qui veut changer de rythme ou voyager léger.

Les durées s'ajustent aussi à vos envies. La boucle d'une à deux heures permet de goûter sans s'engager; la randonnée de plusieurs jours, avec étapes en gîte ou en bivouac, offre une vraie itinérance; le rayonnement en étoile autour d'un point fixe, enfin, laisse le plaisir de retrouver chaque soir le confort d'un camp de base. Seul, en groupe, avec ou sans accompagnateur: à chacun son tempo.

Reste l'avantage silencieux de cette pratique: on apprend à se relier à un autre être vivant avant de se relier au paysage. Je le constate souvent: la respiration se cale, l'appui se trouve, l'ancrage dans la selle devient presque celui d'une balançoire — ces micro-mouvements du bassin qui rééquilibrent l'ensemble sans y penser. Autant de sensations simples qui préparent le corps à d'autres altitudes, sans bruit de moteur.

L'été se redessine en altitude

Cette activité s'inscrit dans une tendance plus large que plusieurs médias relèvent cet été. Le Dauphiné Libéré s'appuie sur les chiffres de l'Observatoire Explore Savoie au 22 juillet pour confirmer la stabilité du socle juillet-août en Savoie, après un mois de juin en léger recul. De son côté, Blick observe que la canicule dope le tourisme d'altitude en Suisse. Le Quotidien du Tourisme s'interroge, lui, sur la manière dont les voyageurs redessinent leurs étés entre canicule et altitude. Le cheval devient alors une porte d'entrée supplémentaire vers cette montagne refuge — sans bruit, à un pas du sol, et à hauteur d'étrier.

L'Isère revendique d'ailleurs ce positionnement « slow tourisme »: une montagne qui se mérite au rythme du sabot, où le dialogue avec le terrain passe par le corps du cheval autant que par le vôtre. Pour celles et ceux qui n'osent pas encore le vide, ou qui cherchent simplement une autre façon d'habiter la montagne, le pas du cheval est une première marche rassurante. On respire, on s'ancre dans la selle, on apprend à faire confiance — et la montagne se révèle sans qu'il soit nécessaire de quitter le sol.