Survoler le lac d'Annecy : l'expérience inoubliable d'un baptême en parapente
Vous imaginez peut-être le lac d'Annecy depuis une barque, un vélo ou le bord de l'eau — mais franceinfo, dans son 13h Découverte, propose de le redécouvrir à 1 250 mètres d'altitude, en parapente…

Vous imaginez peut-être le lac d'Annecy depuis une barque, un vélo ou le bord de l'eau — mais franceinfo, dans son 13h Découverte, propose de le redécouvrir à 1 250 mètres d'altitude, en parapente, depuis le col de la Forclaz. C'est l'un des plus purs lacs d'Europe, vu d'en haut, et le reportage vaut largement le détour.
Trois passagers, une apprentie pilote et un moniteur: le casting est simple, et la bonne surprise, c'est que le vertige n'a pas le premier rôle. Bienvenue dans un baptême où l'émotion prend le dessus.
Le décollage: ce premier pas où tout se joue
Vous avez déjà imaginé ce moment: courir sur une pente herbeuse, harnais sur le dos, et sentir la voile se gonfler derrière vous. C'est exactement ce qu'a vécu Corentin, le petit ami de Léanis, pour sa toute première fois. Avant le départ, il confiait qu'il y avait de l'appréhension, un peu de stress, mais que l'envie de profiter l'emportait — et qu'il le sentait bien.
Cette nuance est précieuse. On parle souvent de la peur du vide comme d'un blocage, alors qu'elle est presque toujours mélangée à de la curiosité. Le corps sait déjà qu'il est attaché, que le moniteur tient la voile, que la pente est douce. Le mental, lui, finit par suivre. Et quand le sol s'éloigne, quelque chose se libère — un peu comme quand on s'assoit sur une balançoire et qu'on accepte, enfin, de se laisser porter.
Le vol: vingt minutes pour changer de regard
À 1 250 mètres, le lac d'Annecy ressemble à une carte postale vivante: eau cristalline, rives dignes d'une île paradisiaque, sommets à perte de vue. La faune, elle, ne se méfie pas: des castors vaquent à leurs occupations, indifférents aux voiles colorées qui passent au-dessus d'eux.
Au sol, on regarde aussi. Une petite fille, depuis la berge, décrit les parapentes comme des rouges, des oranges, des verts-bleus — toutes les couleurs — et avoue que c'est beau, mais que ça fait un peu peur. Un homme, à côté d'elle, relativise: cela fait partie de la beauté du paysage, et quand ils volent, c'est souvent que le temps est beau et les conditions bonnes.
Corentin, lui, n'a plus de mots à mi-vol: émerveillé, il décrit un lac transparent, des montagnes immenses, et cette sensation d'être tout petit au milieu de tout ce grandiose. C'est ce qu'éprouvent la plupart des passagers: la surprise d'un silence total, porté par les courants d'air chauds, avec l'impression de voler comme un oiseau.
Le retour au sol: et maintenant?
À l'atterrissage, Corentin résume l'essentiel: il a profité du début à la fin, senti les courants remonter, redescendre, et découvert Annecy d'une autre manière. Son père Karim, lui, pose la question que beaucoup se posent après coup: pourquoi ne pas l'avoir fait avant?
Si l'idée vous trotte dans la tête, trois choses à vérifier avant de réserver votre baptême:
- La météo du jour. Le parapente dépend du vent et des thermiques; les écoles annoncent généralement les créneaux viables le matin même.
- Votre forme. Pas besoin d'être un athlète, mais mieux vaut arriver reposé, hydraté et le ventre léger qu'au sortir d'un repas lourd.
- Votre tenue. Chaussures fermées qui tiennent aux pieds, vêtements chauds même en été (à 1 250 m, il fait toujours plus frais qu'en ville), pas de sandales ni de jupes.
Et le conseil que je glisse à chaque fois: autorisez-vous à avoir peur avant le décollage. C'est normal, c'est même sain. La peur n'empêche pas de voler — elle prouve que vous êtes vivant.