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À Roubion, le parapente s'invite dans le haut-pays niçois via la réalité virtuelle

Comme le rapporte Nice-Matin, une initiative pour le moins inattendue a pris racine dans le haut-pays niçois: à Roubion, village perché entre les vallées de la Tinée et du Cians, on peut désormais goûter au parapente…

À Roubion, le parapente s'invite dans le haut-pays niçois via la réalité virtuelle

sans quitter le sol. La municipalité l'a annoncé dans un communiqué publié mercredi 5 août: un casque de réalité virtuelle remplace la voile et le vent. Pour celles et ceux qui hésitent encore à se lancer dans le vide, voilà peut-être une première marche — toute douce — vers les cimes.

Un vol qui reste au plancher des vaches

Soyons honnêtes d'entrée: ce n'est pas la même chose qu'un vrai décollage. Ici, pas de course dans l'herbe du déco, pas de souffle d'air dans la voile qui se gonfle au-dessus de votre tête, pas de portage de sellette à caler sur une épaule. Vous restez assis, confortablement installé, le casque VR sur les yeux, et la commune promet de faire défiler sous vos pieds — virtuels — les montagnes qui cernent Roubion.

Le dispositif repose sur un simulateur de vol enregistré, et une vidéo publiée par la mairie sur Instagram montre l'animation en action. À douze euros la séance, on n'est plus du tout dans le grand frisson: plutôt dans la séance de découverte, celle qu'on fait avant la vraie répétition générale. Pensez-y comme s'asseoir quelques instants sur une balançoire à l'arrêt avant qu'on ne la pousse: on apprend d'abord le mouvement intérieur, sans l'élan.

Quand, où, et pour qui

L'activité est proposée au bureau d'information touristique de la station Roubion-Les Buisses, les samedis et dimanches, de 14 heures à 18 heures. Pas d'accès libre en semaine, mais la commune indique qu'une réservation reste possible tous les autres jours, au 04.93.02.10.30.

À qui ça parle, en pratique? D'abord aux simples curieux qui voudraient voir ce qu'on aperçoit depuis une aile en vol sans bouger de leur fauteuil. Mais aussi — et c'est ce qui m'intéresse le plus, en monitrice qui croise souvent ce profil — à toutes les personnes dont les jambes se dérobent au bord d'une corniche, celles et ceux qui se disent « j'adorerais essayer, mais rien qu'à l'idée du vide, mon corps me trahit ». Le casque VR, ici, fait office de sas: on regarde la hauteur, on respire avec elle, sans que le genou fléchisse sous le regard des autres.

Un tremplin, pas un remplaçant

Restons clairs: la réalité virtuelle ne remplacera jamais l'odeur de l'herbe écrasée après la course d'élan, ni ce silence si particulier d'un vol où l'on n'entend plus que la voile respirer au-dessus de soi. Ce que cet outil propose, à mon sens de formatrice du vide, c'est un sas de décompression mentale. On imagine, on s'habitue, on dépose un peu de la peur au pied du fauteuil. Et parfois, ce petit glissement suffit pour oser, quelques jours plus tard, réserver un vrai baptême en biplace.

Si vous passez dans le haut-pays niçois cet été, ou si vous connaissez dans votre entourage quelqu'un qui reporte son envol depuis des années, retenez l'adresse: Roubion-Les Buisses, le samedi ou le dimanche après-midi. Douze euros, un casque sur la tête, et la montagne qui défile sous vos pieds virtuels. Le premier pas, bien souvent, c'est simplement d'autoriser ses yeux à imaginer le second.