Baptême de parapente : pourquoi le vertige ne doit pas vous freiner
» C’est une question que j’entends souvent, et l’article de Tameteo consacré aux activités à sensations rappelle une chose utile: le vertige ne se vit pas de la même manière selon que l’on avance sur…

« Est-ce qu’il faut aimer le vide pour oser un baptême en parapente? » C’est une question que j’entends souvent, et l’article de Tameteo consacré aux activités à sensations rappelle une chose utile: le vertige ne se vit pas de la même manière selon que l’on avance sur une paroi, une passerelle ou que l’on prend place dans une sellette. Pour les amateurs de grands espaces, la bonne première étape n’est donc pas de se forcer, mais de choisir une expérience à son palier.
Le média cite notamment la via ferrata du Grosser Donnerkogel, dans les Alpes autrichiennes, son échelle métallique de 40 mètres surnommée « Stairway to Heaven », ainsi que des passerelles suspendues en Espagne et en Chine. Des paysages spectaculaires, oui, mais aussi des pratiques où le corps reste au contact direct du vide.
Le vide sous les pieds n’est pas celui du vol
Sur une via ferrata, le regard accroche la roche, les mains cherchent leur appui et les jambes portent l’effort. La « Stairway to Heaven », classée C/D selon Tameteo, est ainsi réservée aux pratiquants expérimentés: l’article ne laisse pas place à l’improvisation.
Le Caminito del Rey, en Andalousie, suit quant à lui des passerelles installées dans la falaise, à près de 100 mètres au-dessus des gorges d’El Chorro. Le Huashan Plank Walk, sur le mont Hua en Chine, demande de progresser sur des planches fixées à la montagne, relié à une ligne de vie. Et le Tianmen Skywalk propose une marche sur une passerelle en verre longeant la paroi.
Je vous invite à ne pas mettre toutes ces sensations dans le même sac. Le mot « vertige » recouvre des réactions très concrètes: jambes qui se raidissent, souffle plus court, regard qui cherche un point fixe. Il est parfaitement légitime de sentir que certaines expériences vous attirent, tandis que d’autres vous demandent encore trop de relâchement.
Pour un premier envol, ne choisissez pas sur un défi
La tentation est forte de se dire: « Si je supporte une passerelle, je supporterai forcément le parapente », ou l’inverse. Ce raccourci peut vous mettre une pression inutile. Une activité comme la via ferrata Lipella, dans les Dolomites, mélange par exemple parcours sportif, tunnels historiques et grandes parois de la Tofana di Rozes: ce n’est pas la même relation au corps, au mouvement et à l’environnement qu’un vol biplace.
Le repère le plus simple consiste à écouter la sensation qui vous inquiète réellement. Est-ce l’idée de marcher avec le vide sous les pieds? De rester accroché à une falaise? Ou de quitter le sol? Nommer cette appréhension, c’est déjà reprendre de l’appui. Vous n’avez pas à prouver quoi que ce soit à la montagne.
L’article de Tameteo insiste d’ailleurs sur deux bases avant toute aventure de ce type: être bien équipé et respecter les consignes de sécurité. Gardez cette règle comme un ancrage, quelle que soit l’activité envisagée. Les panoramas ne deviennent pas moins impressionnants parce qu’on les aborde avec méthode; ils deviennent simplement plus faciles à accueillir.
Ce qu’il faut observer avant de dire oui
Avant de réserver une activité à sensations, regardez d’abord sa nature: marche exposée, ascension, parcours sportif ou expérience aérienne. Puis accordez-vous le droit de choisir une progression. Commencer par admirer une pente, marcher sur un chemin large, regarder des personnes évoluer dans le vide: ces petits paliers ne sont pas des renoncements. Ce sont des repères.
Quand l’émotion monte, je conseille toujours le même geste simple: desserrez les épaules, posez les deux pieds, expirez un peu plus longtemps que vous n’inspirez. Comme lorsqu’on s’assoit sur une balançoire avant de la pousser, on laisse d’abord le corps comprendre qu’il a un point d’appui. La sensation forte peut alors rester ce qu’elle doit être: une rencontre avec le paysage, pas une épreuve contre soi-même.