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Bivouac interdit dans le vallon du Rif Bruyant : les raisons de cette mesure

Vous aimez poser la tente à la nuit tombante, pour retrouver le ciel au petit matin? Cette habitude tout en douceur va devoir être revue dans un coin des Alpes que beaucoup d'entre vous connaissent bien.

Bivouac interdit dans le vallon du Rif Bruyant : les raisons de cette mesure

Comme le rapporte Actu.fr, la Matheysine a officiellement rappelé que le bivouac est interdit dans le vallon du Rif Bruyant, au sud de Grenoble, dans le massif de l'Armet.

Ce qui a déclenché l'arrêté

L'Office de tourisme local a pris la parole après avoir constaté de nombreuses incivilités — déchets abandonnés, déjections laissées sur place. La commune de Lavaldens a publié un arrêté municipal pour poser le cadre. Mais la raison de fond, celle qu'on retient quand on prépare une sortie en altitude, reste avant tout sécuritaire, et elle mérite qu'on s'y arrête un instant.

Le vallon du Rif Bruyant traverse une zone à fort risque de crue torrentielle. En montagne, quand les pluies deviennent soutenues, les ruisseaux gonflent vite, sortent de leur lit et entraînent avec eux sédiments, roches et bois — on parle même de lave torrentielle, comme lors de la catastrophe de la Bérarde. Dormir au bord de l'eau peut sembler reposant; en pratique, cela vous expose à devoir lever le camp dans l'urgence, parfois en pleine nuit, sans repère stable ni visibilité, avec tout votre matériel de vol sur le dos.

Je le dis souvent à mes lecteurs: un ruisseau « paisible » un soir d'été peut devenir un torrent infranchissable en quelques heures. L'orage monte, l'eau change de couleur, des branches passent — c'est le signal qu'il faut bouger, pas celui où l'on déplie le duvet. La règle d'or, c'est de dormir en surplomb, jamais dans le lit majeur d'un cours d'eau.

Ce que vous pouvez faire dès maintenant

Avant de programmer un vol ou une nuit en montagne dans le secteur, prenez le réflexe de vérifier en mairie ou à l'Office de tourisme si le coin est encore ouvert au bivouac. Le Parc national des Écrins, juste à côté, a lui aussi durci sa réglementation récemment, et d'autres zones alpines envisagent la même chose selon Actu.fr. Mieux vaut anticiper qu'arriver devant un panneau d'interdiction au décollage du matin, la voile sur le dos et la tente déjà sortie.

Prévoyez aussi un repli en dur: refuge, gîte d'étape ou location chez l'habitant. Vous gagnez en confort, en séchage pour votre matériel et, souvent, en conseils de locaux qui connaissent mieux la météo que n'importe quelle application. Pour les parapentistes qui enchaînent marche d'approche et vol, c'est aussi l'occasion de nouer un vrai contact avec le terrain, plutôt que de rester isolé au milieu de nulle part.

Pensez enfin à glisser un petit cendrier de poche dans votre sac à voile. En période de sécheresse, feux et mégots sont strictement interdits: un geste minuscule qui écarte un risque immense, et qui montre aux riverains que vous ne venez pas juste profiter de leur montagne sans la respecter. La cohabitation avec les locaux et les autres pratiquants dépend aussi de ces petits choix — c'est précisément ce qui nous permet, à nous autres parapentistes, de continuer à voler librement demain.