Miraculé du Saint-Eynard : le récit d'un parapentiste rescapé après trois impacts
Selon Outside.fr, un pilote expérimenté de 53 ans a survécu sans blessure grave à une fermeture de voile suivie de trois impacts contre la paroi du Saint-Eynard, en Isère. Pierre venait d'obtenir sa qualification biplace.

Pierre, 53 ans, accroché sur une vire de 80 cm après trois impacts contre le Saint-Eynard
Ce dimanche 16 août, vers 13h30, il évoluait au-dessus de la falaise après un décollage de Saint-Hilaire-du-Touvet quand la situation a basculé. Il a fallu près de trois heures aux sauveteurs de la CRS Alpes pour l'extraire d'une position où, agrippé au rocher, la moindre blessure aurait pu lui être fatale.
Les conditions du vol et la mécanique de l'incident
La fermeture est survenue à 1 900 mètres. Une partie de la voile s'est emmêlée dans les suspentes. Pierre a d'abord tenté les procédures classiques de rétablissement. Sans succès. Il a déclenché son parachute de secours, mais celui-ci n'est pas dirigeable. Stabilisé, il a été ramené vers la falaise qu'il a percutée à trois reprises, se repoussant à chaque fois avec les pieds jusqu'à s'immobiliser sur une vire d'environ 80 cm sur 80, caillouteuse, irrégulière, légèrement déversante.
Sa voile principale, passée au-dessus de lui et en partie sous son corps, risquait de l'entraîner dans le vide en se regonflant ou en se chargeant de pierres. Il a réussi à s'en dégager. Son compagnon de vol a donné l'alerte au 112. Pierre a également contacté les secours.
L'évacuation: treuillage détourné dans un rocher délité
Un hélitreuillage direct était impossible. Le souffle de l'appareil risquait de provoquer des chutes de pierres, de regonfler la voile et de projeter Pierre dans le vide. Les deux sauveteurs de la CRS Alpes, présents à la base du Versoud, se sont fait déposer par treuillage sous des surplombs, à une soixantaine de mètres de lui. Ils ont progressé dans un rocher particulièrement friable, installé des relais, puis équipé une traversée en cordes fixes pour atteindre le pilote et le sécuriser.
Un incident de ce type rappelle qu'en falaise, la topographie dicte les options. Quand on arrive sur un secteur de paroi connu pour son rocher délité, on sait que la moindre erreur de trajectoire transforme une manœuvre de récupération en opération de sauvetage complexe. La brise de vallée, le gradient thermique de l'après-midi et les turbulences de bord de falaise font partie des conditions à cartographier mentalement avant de s'approcher.
Ce qu'on retient pour le prochain vol
Pierre s'en sort indemne parce qu'il n'a pas été blessé lors des impacts. Sur une vire de cette taille, dans un rocher de cette qualité, la moindre entorse l'aurait immobilisé. Le maintien sur la paroi dépendait de prises plates dans un support friable — plus facile d'en glisser que de s'y maintenir, comme l'a décrit le responsable de la CRS Alpes.
Trois incidents récents dessinent un même gradient de vigilance. Outre le Saint-Eynard, un parapentiste a été secouru après s'être retrouvé coincé à plus de 150 mètres sur une falaise à Daly City, en Californie, selon SFGATE. À Oman, rapporte Gulf News, l'Autorité de l'aviation civile a suspendu toutes les activités de paramoteur et de parapente motorisé à la suite d'un accident mortel à Salalah.
Quand on évolue près de la paroi, on vérifie qu'on a de la marge latérale et verticale pour sortir du secteur. On s'assure que le parachute de secours est conforme et plié dans les délais. On répète la séquence de déclenchement jusqu'à ce qu'elle soit réflexe. Et si la brise de fond accélère ou que le gradient thermique annonce des turbulences marquées sur le relief, on choisit un autre axe — la paroi sera toujours là demain.