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Parapente en Isère : le sauvetage périlleux d'un pilote accroché à la paroi

D'après franceinfo, qui retrace l'opération des CRS Alpes, le spectacle donne le vertige: dimanche 16 août, sur la paroi quasi verticale du Mont Saint-Eynard, en Isère, un parapentiste de 53 ans…

Parapente en Isère : le sauvetage périlleux d'un pilote accroché à la paroi

« Il était dans une situation très précaire »: l'incroyable sauvetage d'un parapentiste, agrippé à 200 mètres

D'après franceinfo, qui retrace l'opération des CRS Alpes, le spectacle donne le vertige: dimanche 16 août, sur la paroi quasi verticale du Mont Saint-Eynard, en Isère, un parapentiste de 53 ans s'est retrouvé agrippé à 200 mètres au-dessus du vide. Et pourtant, en relisant bien le récit, on y trouve surtout une leçon que nous, amoureux des Alpes, devons garder en tête avant de réserver notre prochain baptême.

Ce qui s'est vraiment passé sur la vire

Quand on a peur du vide, on imagine souvent la chute. Or ce qui a sauvé Pierre, ce n'est pas le hasard, c'est une chaîne de réflexes bien enchaînés. Sa voile s'est brusquement refermée — ce que les moniteurs appellent une « fermeture » — sous l'effet d'une turbulence. Pour stopper sa descente, le pilote a déclenché son parachute de secours, qui ne se dirige pas, précisait le récit repris par TG+. L'homme a été rabattu contre la falaise, a rebondi plusieurs fois, avant de s'accrocher à un minuscule rebord de gravillons. Aux CRS dépêchées sur place, il a expliqué lui-même, très calmement, qu'il était posé en sécurité — un constat très optimiste, soulignaient les secouristes, au milieu d'une paroi d'environ 350 mètres de haut.

Pourquoi cette histoire nous concerne, même en tandem

Le premier réflexe, quand on lit cela, c'est de se dire: « moi, je ne fais que du biplace, je ne risque rien ». Faux. Selon les secouristes, la chaleur de cette fin d'été a généré des thermiques puissants qui remontent la falaise l'après-midi — et ce sont justement ces ascendances qui produisent les fermetures de voile. Le moniteur Bertrand Chatain le rappelait à franceinfo: on a des grosses turbulences, qui peuvent occasionner justement une fermeture aux parapentes, partielle ou totale. Autrement dit, l'aérologie ne fait pas la différence entre le pilote chevronné et le passager d'un jour.

Ce que je vous invite à vérifier avant de décoller

Vous ressentez peut-être, en lisant ces lignes, ce petit frisson qui vous retient au sol. C'est sain. Alors, plutôt que de l'étouffer, transformons-le en check-list.

Interrogez d'abord votre moniteur sur les conditions du jour: force du vent, thermiques attendues, horaire de décollage. Les bons professionnels décaleront un créneau si l'après-midi s'annonce trop agitée. Gardez aussi en tête que le pilote secouru venait d'obtenir, quelques jours auparavant, son brevet de biplace — l'expérience ne prémunit jamais à 100 % d'un incident, et la formation continue, elle, sauve des vies. Enfin, demandez si l'école dispose d'une procédure claire en cas d'incident: radio, coordonnées des secours, consignes en cas de fermeture de voile. Un moniteur qui vous prend le temps de tout vous expliquer avant d'attacher votre sellette, c'est un moniteur qui vole déjà proprement.

Si vous avez le cœur qui bat en lisant ces lignes, retenez ceci: sur cette falaise, le pilote s'en est sorti avec une simple entorse aux petits doigts, grâce à son sang-froid, à sa voile de secours et à la précision des CRS. Le risque zéro n'existe pas en montagne, mais le risque compris, lui, se partage.