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Parapente et handicap : l'exemple inspirant d'un champion tétraplégique

La République du Centre nous apprend qu'un parachutiste tétraplégique du Loiret vient d'être médaillé au championnat de France.

Parapente et handicap : l'exemple inspirant d'un champion tétraplégique

Sa phrase, devenue le titre du reportage, traverse l'écran: « En haut, nous sommes tous pareils ». Pour notre communauté du vol, qu'on pratique le parapente ou qu'on hésite encore devant un baptême en montagne, cette image n'est pas un fait divers anecdotique: c'est une boussole.

Le ciel ne demande pas de diplôme corporel

Je reçois souvent la même question, posée à voix basse avant un premier vol: « avec mon corps, est-ce que j'ai le droit? » Le mot « droit » est révélateur. Beaucoup de passagers imaginent qu'il faut un gabarit standard, une santé parfaite, un mental taillé dans la roche pour s'asseoir dans une sellette et quitter la pente. Ce parachutiste du Loiret balaie cette idée d'un revers silencieux. Il n'a pas attendu d'être « conforme » pour s'élancer; il a aménagé la pratique à sa propre mesure, et le championnat de France a suivi.

Je ne vous dirai pas, pour autant, que c'est « facile ». Le vertige est une sensation vraie, le souffle coupé au décollage l'est tout autant. Mais ce que j'ai appris à observer, saison après saison, en accompagnant des passagers en vol tandem, c'est ce moment précis où la respiration se cale enfin sur le vent. Le corps ne disparaît pas; il passe simplement en mode porté. C'est un peu comme lorsque vous vous asseyez sur une balançoire et qu'après deux oscillations hésitantes, vous lâchez les épaules: vous n'êtes plus en train de décider d'y aller, vous y êtes déjà.

Trois appuis à poser avant de réserver

Si cette nouvelle vous donne envie de franchir le pas du baptême de parapente dans les Alpes, voici trois vérifications que je vous suggère de faire, au calme, avant de cliquer sur « réserver ».

D'abord, posez la question de l'accessibilité sans détour, par téléphone ou par mail. Demandez précisément si le décollage, la pente, et l'atterrissage sont compatibles avec votre mobilité, votre poids, ou toute autre contrainte que vous connaissez de votre corps. Un moniteur sérieux ne sera pas surpris: c'est précisément son métier que d'adapter la prise en charge. S'il botte en touche, passez votre chemin.

Ensuite, rencontrez votre moniteur avant le jour J, si possible en visio ou sur le site de vol. Cinq minutes d'échange changent la donne. Vous saurez comment il parle du vent, comment il accueille une peur exprimée, comment il vous installe dans la sellette. Ce premier contact est déjà un palier de la montée: vous montez avant même d'avoir quitté le sol.

Enfin, aménagez-vous un palier mental la veille ou le matin du vol. Une marche tranquille sur un chemin de terre, une respiration ample en vous concentrant sur l'appui des pieds au sol, les yeux ouverts sur la ligne d'horizon. Le décollage commence dans cet ancrage-là, pas sur le parking en gravier, ni dans la voiture en montant.

Le baptême, comme un palier et non une épreuve

La nouvelle du Loiret, discrète et lumineuse, nous rappelle que la passion du vol s'invente aussi en marge des sentiers les plus balisés. Pour votre propre vol biplace dans les Alpes, vous n'avez rien à prouver à personne — ni au moniteur, ni aux autres passagers, ni à vous-même. Vous avez simplement à accepter d'être porté quelques minutes, le temps que votre corps comprenne ce que « là-haut » veut vraiment dire, et pourquoi ce parachutiste a choisi de résumer sa discipline à une seule phrase.