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Parapente et sports outdoor : comment concilier loisirs en altitude et préservation

D'après La Semaine du Roussillon, le FAT de Targasonne a réuni un peu plus de 3 000 visiteurs lors de sa quatrième édition, mêlant parapente, VTT et trail — un succès qui fait aussi grincer quelques…

Parapente et sports outdoor : comment concilier loisirs en altitude et préservation

Si vous avez ressenti, cet été, qu'il y avait plus de monde au décollage que d'habitude, vous n'avez pas rêvé. D'après La Semaine du Roussillon, le FAT de Targasonne a réuni un peu plus de 3 000 visiteurs lors de sa quatrième édition, mêlant parapente, VTT et trail — un succès qui fait aussi grincer quelques dents côté protection des espaces d'altitude. À l'autre bout des Alpes, en Valais, un petit club mis à l'honneur par Rhône FM nous rappelle qu'il existe une autre cadence: celle où l'on apprend à attendre le vent avant de déplier l'aile.

Quatre mille envies, un même terrain

Le chiffre est simple, et il pèse: plus de 3 000 visiteurs sur un seul site pyrénéen en une saison. Lily Dunyach, de la Fédération des réserves naturelles catalanes, le dit sans détour: après le Covid, les compteurs de fréquentation des réserves ont explosé, et les pratiquants arrivent souvent peu sensibilisés à la nature. Pierre Parent, délégué départemental de Mountain Wilderness, chiffre le ressenti du terrain: « Le lac des Bouillouses attire 2 000 personnes par jour en été, des stationnements sont bondés, des sites sont piétinés. » Antoine Glory, du Grup pirinenc excursionista nord-català, observe la même pression sur les trails qui réunissent parfois plus de 2 000 coureurs sur un seul segment — « le milieu naturel n'est pas un stade », résume-t-il.

Et il y a quelque chose qui m'inquiète plus encore, vous le sentez peut-être aussi: ce n'est plus seulement la cohue au parking. Erick Vera, président de l'association de parapente Appel d'Air, constate que les vents deviennent imprévisibles dans des zones où ils ne se produisaient pas avant. Quand on vous dit qu'au-delà de 30 km/h un parapentiste devient un fétu de paille, ce n'est pas une image poétique: c'est une limite que vos commandes encaissent avant vous.

Aux Bartavelles, on apprend à respirer avant de courir

En face de ce tempo forcé, Rhône FM nous emmène à Evolène, en Valais, où le club des Bartavelles défend une autre philosophie. Glen Steenackers, son président belge, et Samuel Vernier, moniteur originaire du Havre, ont fait de l'attente une école: on observe le ciel, on s'envoie de petits messages, on se retrouve au sol pour débriefer. Au décollage, on est seul — ou en biplace; à l'atterrissage, on refait le monde avec les copains. « La fédération suisse de vol libre a des exigences élevées, rappelle Samuel Vernier. Il faut au minimum 50 vols pour se présenter à l'examen pratique. » Et sur la jeunesse pressée: « Le 'tout, tout de suite', n'est pas adapté au parapente. »

Trois paliers à glisser dans la poche avant le prochain vol

Ce que je vous propose n'est pas une recette, c'est une respiration. Trois paliers à garder en tête, hérités directement de ces deux lectures.

D'abord, renseignez-vous sur la fréquentation du site avant de monter. Un déco bondé, c'est un appauvrissement du vent et un terrain plus stressant pour tout le monde. Si la fenêtre météo est courte, changez de spot plutôt que de vous entasser — c'est aussi simple que de choisir un autre couloir d'escalier quand celui où vous êtes est saturé.

Ensuite, dosez votre propre impatience. Si vous débutez, voyez l'apprentissage comme une longue marche dans l'eau: on avance lentement, mais chaque foulée compte. Cinquante vols, c'est un seuil exigeant — et c'est précisément ce qui transforme un coup de cœur en pratique durable.

Enfin, descendez de la photo. Avant de chercher le selfie au décollage, regardez le ciel, sentez la brise, vérifiez la force du vent. La montagne ne demande pas la performance; elle demande de la présence. Si vous ne deviez retenir qu'une image de cette rentrée, ce serait moins la file de voitures aux Bouillouses que le silence d'un club valaisan qui attend son créneau avant de déplier l'aile.