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Potes de Marmot’s à Mont-Dauphin : trois jours d'éveil ludique à la montagne

Vous est-il déjà arrivé de regarder un enfant grimper sur un muret et de ressentir, au fond, cette petite peur que la montagne ne s'apprenne qu'en la subissant?

Potes de Marmot’s à Mont-Dauphin : trois jours d'éveil ludique à la montagne

Et si, au contraire, on pouvait la transmettre comme on transmet une balançoire: en douceur, par le jeu, avant même de savoir pourquoi on l'aimera plus tard?

Une citadelle qui devient terrain de jeu

D'après Nos Alpes – Le nostre Alpi, la 14ᵉ édition de « Potes de Marmot's » s'ouvre aujourd'hui, 18 août, dans la citadelle fortifiée de Mont-Dauphin, site Vauban inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco, avant de migrer les 19 et 20 août vers Guillestre. Trois jours durant lesquels la montagne ne se montre pas du haut d'un sommet à gagner, mais depuis l'intérieur d'une place forte, à hauteur d'enfant. Le thème 2026, « Voyage autour du monde », invite à traverser les continents par le théâtre, le cirque, la musique, sans jamais quitter les Hautes-Alpes.

Je trouve cette idée lumineuse, et je ne dis pas cela à la légère: quand on aime le ciel, on sait que tout commence par les pieds. Avant le décollage en biplace, avant le premier pas dans l'herbe mouillée du décollage, il y a l'apprentissage du terrain, de ce qu'il porte et de ce qu'il cache.

Ce que les ateliers apprennent vraiment

Plusieurs animations méritent qu'on s'y attarde, car elles touchent directement à ce que vivent ensuite les futurs pratiquants de la montagne, volants ou randonneurs. Dans l'atelier « P'tits montagnards », les enfants apprennent à préparer un sac à dos, à choisir ce qu'on emmène en randonnée, à intégrer des règles simples de progression en sécurité. Ce sont précisément les gestes que l'on rejoue, adultes, quand on prépare une sortie ou un baptême de parapente: qu'est-ce qui pèse, qu'est-ce qui protège, qu'est-ce qui rassure?

La slackline, elle, travaille autre chose: l'appui, l'ancrage, le palier où l'on tremble avant de trouver l'équilibre. On pourrait croire que ce n'est qu'un jeu, mais c'est exactement la même conversation que celle du corps avec une sangle de parapente au moment du décollage: rester souple, respirer, accepter de bouger.

L'APEVM (Association pour la Protection, l'Étude et la Valorisation des Marmottes d'Eygliers Mont-Dauphin) propose aussi une animation autour de la marmotte, animal symbole du festival: cycle de vie, alimentation, observation. Connaître la faune qui vit sous nos voiles, c'est comprendre pourquoi on vole au-dessus d'elle plutôt qu'à côté.

Le 19 août à Guillestre, le Parc naturel régional du Queyras animera « Traces et Empreintes » pour reconnaître les indices laissés par les animaux, et le spectacle « T'es rien sans la terre », à mi-chemin entre cirque contemporain et danse, abordera la relation au monde vivant.

Un manège fait de riens, et c'est tout l'esprit

Parmi les installations, un manège fabriqué à partir de matériaux de récupération – tonneaux, bouteilles, caisses en bois, disques de frein – est actionné par les parents eux-mêmes. Je vous laisse imaginer la scène: des parents qui tournent, des enfants qui rient, et soudain ce n'est plus un objet de consommation mais un geste collectif. C'est, à mes yeux, la plus belle leçon de montagne qui soit donnée là: on n'a pas besoin de tout acheter pour s'élever un peu.

Pour les familles qui préparent déjà un baptême de parapente dans les Alpes ou qui hésitent encore à franchir le pas avec leurs enfants, ce genre d'événement est un excellent préalable. On y apprend, sans en avoir l'air, à faire confiance au vide, à écouter un moniteur, à sentir son corps dans un environnement vertical.

Trois jours pour planter une graine. Le reste, c'est la montagne qui s'en charge.