Parapente à Bourg-Saint-Maurice : décryptage du ballet aérien au-dessus des Alpes
» Le Dauphiné Libéré publie ces jours-ci un reportage en images qui répond mieux que mille mots à cette curiosité.

En images. Levez les yeux: le ciel de Bourg-Saint-Maurice se colore des voiles de parapentistes
Vous êtes nombreux à me poser la question à chaque retour de saison: « Mais où vont-ils donc tous? » Le Dauphiné Libéré publie ces jours-ci un reportage en images qui répond mieux que mille mots à cette curiosité. À Bourg-Saint-Maurice, dans les Alpes, le ciel se couvre de voiles colorées — un spectacle que tout aspirant au baptême de parapente a déjà imaginé en levant la tête vers les crêtes. Voyons ensemble ce que ces images nous apprennent, et comment les lire avant, peut-être, de chausser vous-même une sellette.
Un ballet silencieux au-dessus de la vallée
Ce qu'il faut d'abord observer, sur ces clichés comme dans la réalité, c'est le rythme. Les parapentes ne traversent pas le ciel en ligne droite: ils dessinent des courbes amples, portées par les ascendances thermiques qui se forment au-dessus des versants ensoleillés. Pour un œil non averti, ce ballet paraît aléatoire; pour un pilote, chaque voile suit une logique de l'air, invisible mais précise. Bourg-Saint-Maurice, perché à l'entrée de la Haute-Tarentaise, offre justement cette configuration typique des Alpes: des dénivelés francs, des prairies exposées au sud, et un relief qui canalise les brises. C'est ce cocktail qui transforme, dès que le soleil chauffe, une prairie d'altitude en véritable autoroute ascendante.
Ce que ces images disent de la saison
Quand le ciel se « colore » ainsi, c'est généralement le signe d'une fenêtre météo favorable: ciel dégagé, vent faible en altitude, températures qui réchauffent les masses d'air. Pour vous qui préparez peut-être un baptême ou un vol biplace, retenez un indicateur simple que j'aime glisser à mes stagiaires: si vous voyez plusieurs voiles tenir l'air au même endroit sans redescendre, les conditions sont bonnes. Ce n'est pas une promesse — la montagne reste la montagne — mais c'est une lecture réaliste de ce que vous pouvez attendre de la journée. Et surtout, c'est la preuve que des écoles locales ont jugé l'aérologie suffisamment sûre pour ouvrir leurs rotations.
Avant de réserver, trois questions à se poser
Si ces images vous donnent envie de passer de l'autre côté de l'objectif, voici les trois questions que je répète en atelier, et qui vous éviteront la plupart des déceptions. D'abord, avez-vous bien dormi? Un pilote fatigué est un pilote qui doute, et le doute se transmet à la voile. Ensuite, êtes-vous prêt à courir quelques mètres au décollage, comme on marche dans l'eau à contre-courant? Ce n'est qu'un instant, mais il compte. Enfin, accepterez-vous que la météo tranche pour vous? Si vous répondez oui deux fois sur trois, il ne reste qu'à choisir un moniteur diplômé, à laisser vos pieds quitter la terre, et à vous laisser porter. Le reste, comme on dit, c'est l'affaire de la voile.