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Parapente à 7 119 mètres : l'exploit vertigineux de Jost Kobusch au pic Lénine

Comme le rapporte Asianet Newsable, l'allemand Jost Kobusch a réalisé cette semaine un envol en parapente depuis quinze mètres seulement sous le sommet, transformant une descente habituellement…

Parapente à 7 119 mètres : l'exploit vertigineux de Jost Kobusch au pic Lénine

Décoller à 7 000 mètres: ce que cet exploit raconte de notre rapport au vide

Vous êtes déjà assis dans la sellette, harnais sanglé, et votre moniteur vous demande de courir quelques pas vers l'avant pour gonfler la voile. Votre cœur cogne. Imaginez maintenant ce même geste — mais à 7 119 mètres d'altitude, sur les flancs enneigés du pic Lénine, au Kirghizistan. Comme le rapporte Asianet Newsable, l'allemand Jost Kobusch a réalisé cette semaine un envol en parapente depuis quinze mètres seulement sous le sommet, transformant une descente habituellement longue et éprouvante en une traversée de l'air à plus de sept kilomètres d'altitude. Pour qui s'intéresse aux vols biplaces, ce chiffre n'est pas qu'un record — c'est une manière de regarder différemment le pas que vous allez faire, vous aussi, dimanche prochain.

Un baptême qui n'a rien d'un baptême

Kobusch n'est pas un curieux qui découvre le vide: c'est un alpiniste chevronché qui préparait cette ascension depuis 2013, date de sa première tentative restée inachevée. Sur son compte Instagram, il a publié une vidéo intitulée « How does it feel to fly from a 7000er? », dans laquelle il confie que la phase de décollage a demandé une concentration totale. Il parle de conditions « spicy », et admet que son rythme cardiaque a momentanément quitté la fameuse « Zone 1 » du cardio tranquille. Ce vocabulaire mérite qu'on s'y arrête: ce n'est pas l'altitude qui inquiète, c'est la transition entre deux états — l'appui solide du sol et l'absence d'appui. Préparer son aile, écrit-il, commence par préparer sa tête.

Ce qui me touche dans ce témoignage, c'est la description qu'il donne de l'instant où l'on quitte vraiment le sol: « une fois en l'air, ça devient l'une des plus mémorables expériences que j'aie jamais vécues en montagne. » Le vertige ne disparaît pas — il se transforme. Dans nos vols en tandem, c'est exactement ce passage que je vous accompagne à franchir: ces dix premières secondes où les pieds cherchent encore la terre. Soufflez, regardez au loin, laissez la voile stabiliser votre souffle, comme on s'abandonne au mouvement d'une balançoire dont on sait qu'elle ne nous lâchera pas.

Ce que cet exploit change pour nous, passagers et futurs pilotes

On pourrait croire qu'un envol à 7 119 mètres n'a rien à voir avec un baptême à 1 500 mètres dans les Alpes. Trois leçons traversent pourtant l'écran et nous reviennent directement.

D'abord, la préparation mentale précède la préparation matérielle. Kobusch a attendu treize ans avant de tenir ce décollage. Vous n'avez pas ce luxe du temps avant votre premier vol — d'où l'intérêt d'un moniteur qui vous guide pas à pas et qui valide votre peur au lieu de la balayer d'un revers.

Ensuite, le cœur qui s'emballe n'est pas un défaut, c'est un indicateur. Il signale que vous êtes vivant, présent, engagé dans ce qui arrive. L'astuce n'est pas de le faire taire mais d'expirer plus longtemps qu'on inspire — trois secondes dehors, deux secondes dedans — jusqu'à ce que la voile entraîne la respiration.

Enfin, quitter le sol demande un acte, pas une décision. Dans la vidéo, Kobusch n'hésite pas longtemps: il avance, et la voile se déploie. À votre échelle, ce sera ce pas de course initial — les yeux devant, le menton légèrement levé, et la confiance que votre moniteur choisit le moment exact. Comme entrer dans l'eau froide d'un lac de montagne: on le fait d'un coup, et la fraîcheur devient vite une autre forme de liberté.

D'après les mêmes informations relayées par NDTV, Kobusch se prépare désormais pour une tentative hivernale sur l'Everest, sans oxygène d'appoint et sans l'assistance d'un sherpa. Un autre palier, une autre montagne. Pour nous, l'envol du jour reste le plus précieux: celui qu'on accepte de faire, même en tremblant un peu, parce qu'on devine déjà qu'il nous transformera.