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Peak Walk : l'expérience vertigineuse des sommets suisses à 3 000 mètres

Cette passerelle suisse qui relie deux sommets à près de 3 000 mètres fait parler d'elle jusque dans les stations alpines — et si vous prenez le temps de lire l'entretien publié par L'Est…

Peak Walk : l'expérience vertigineuse des sommets suisses à 3 000 mètres

Cette passerelle suisse qui relie deux sommets à près de 3 000 mètres fait parler d'elle jusque dans les stations alpines — et si vous prenez le temps de lire l'entretien publié par L'Est Républicain, vous comprendrez vite pourquoi. Comme le confie l'un des artisans du Peak Walk, tout est parti d'un retour d'Everest, il y a une vingtaine d'années, avec une idée simple: créer quelque chose d'original pour que les touristes « ressentent l'effet de la montagne ». Pour nous qui aimons le vide en douceur, du décollage en biplace à la rando en balcon, c'est une porte supplémentaire qui s'ouvre.

D'un sommet à l'autre, la première passerelle à cette altitude

Le récit que reprend L'Est Républicain tient en peu de mots et c'est ce qui le rend lumineux. Le président et actionnaire de la société revient de l'Everest, cherche un projet qui marque le territoire, pense d'abord à un pont suspendu — mais il en existe déjà ailleurs. Il faut donc innover.

Sur place, l'équipe remarque deux petits sommets culminant à près de 3 000 mètres. La décision se prend simplement: on y va, on conçoit la première passerelle à cette altitude. Pas un record pour le record, mais un objet pensé pour ralentir le visiteur, pour qu'il pose un pied puis l'autre, et qu'à ce rythme-là, la montagne lui rentre dans les jambes.

Et si vous avez le vertige? Trois appuis avant de vous engager

Je vois déjà votre question, celle que j'entends à chaque décollage: « est-ce que je vais tenir? ». Tenez d'abord cette promesse — il n'y a aucune honte à demander à voir la passerelle avant de la traverser. Et si vous décidez de vous lancer, voici trois appuis à garder en tête, comme on respire au décollage:

  • Le regard d'abord sur les pieds, puis sur les appuis. Le cerveau se rassure sur du concret, le vide, lui, attendra.
  • La respiration en cadence: deux pas, une inspiration; deux pas, une expiration. C'est le même rythme que l'on cherche en vol, celui qui empêche la tête de partir.
  • La pause au milieu: ces passerelles sont faites pour ça. Personne ne chronomètre, sauf votre souffle.

L'idée n'est pas de devenir indifférent au vide, mais d'apprendre à le traverser sans crispation — exactement comme on apprend à poser une voile.

Pourquoi ça parle aussi à celles et ceux qui volent

Pour les parapentistes, pour les amateurs de tandem, pour tous les amoureux de la verticalité, le Peak Walk raconte quelque chose de familier: il existe un gradient entier de sensations, de la rando classique au décollage en biplace, et chaque palier mérite son temps. Une passerelle n'est pas un vol, mais elle parle le même langage — celui d'un corps qui s'habitue, pas à pas, à fréquenter l'altitude.

Si vous projetez d'y aller, gardez un après-midi entier dans la vallée, sans enchaîner avec un vol le soir même. Le corps a besoin de digérer l'altitude avant de chercher l'air. Hydratez-vous, mangez léger, laissez vos jambes trouver leur souffle: la montagne se mérite aussi à pied, et c'est souvent là qu'on finit par l'aimer le plus.